• La première usine de construction de dirigeables sortira de terre à Laruscade, au nord de Bordeaux.
  • Flying Whales y réalisera son cargo volant de 200 mètres de long pour 50 mètres de diamètre.
  • La première mission de ce mastodonte des airs sera d’effectuer du débardage de bois en montagne pour le compte de l’ONF.

L’entreprise française espère bien faire des vagues à l’exposition universelle de Dubaï, qui s’ouvre le 1er octobre. La start-up  Flying Whales y présentera, sous le pavillon France, son projet de plus grand dirigeable cargo au monde.

Pour construire ses « baleines volantes », Flying Whales a choisi le site de Laruscade, au nord de Bordeaux (Gironde), où elle implantera sa toute première usine. Une usine hors norme, pour accueillir un projet démesuré. Sur une surface totale de 250 hectares, l’activité de production s’installera dans un bâtiment de 250 mètres de long, pour 60 mètres de hauteur sous plafond. La construction du bâtiment doit démarrer « d’ici à la fin de l’année, ou tout début 2022 », annonce Michèle Renaud, directrice marketing chez Flying Whales.

« Nous espérons sortir notre premier dirigeable en 2023, pour un vol inaugural en 2024, poursuit la directrice marketing. Puis nous aurons une phase d’essai de dix-huit mois, car il y a un gros travail de certification pour ce nouvel engin volant, ce qui nous amène à 2026 pour les premières opérations. »

Mais à quoi pourra bien servir ce mastodonte des airs, long de 200 mètres pour 50 mètres de diamètre ?

« Notre première mission sera du débardage de bois avec l’ONF [Office nationale des forêts], partenaire historique et actionnaire de la société, vraisemblablement dans les Alpes, ou les Pyrénées. Et rapidement nous devrions opérer dans l’éolien pour du transport de pale, car c’est un secteur en fort développement, et dans la pose et dépose de pylônes haute tension. »

Aller là où les autres engins volants peuvent difficilement se rendre

L’ambition du LCA60T, nom de code de ce cargo volant, est avant tout d’aller là où les autres engins peuvent difficilement se rendre. L’idée de départ de Flying Whales, entreprise née de la rencontre d’un ingénieur, Sébastien Bougon, et du président de l’ONF, était en effet de ramasser des grumes dans des sites difficiles d’accès, typiquement en montagne.

« Nous allons proposer un dirigeable capable de charger et décharger en vol stationnaire, ce qui nous permettra de nous affranchir des contraintes d’infrastructures, explique Michèle Renaud. Cela devrait nous permettre d’envisager d’autres applications, pour opérer en cas de catastrophe naturelle, ou lors de marées noires pour pulvériser des dispersants. »

La « baleine volante » sera capable d’embarquer jusqu’à soixante tonnes, dans une soute située sous le dirigeable d’une dimension de 96 mètres de long, de 7 mètres de large et 7 mètres de haut. Les missions seront calées pour des distances de 1.000 km, « mais il y aura des possibilités d’extension de mission. » Et si l’engin n’ira pas très vite (100 km/h en vitesse de pointe), « nos coûts seront particulièrement intéressants, de l’ordre de 15 à 20 fois moins cher qu’un hélicoptère par exemple. »

152 appareils d’ici à 2032

Concernant le modèle économique, Flying Whales envisage soit de vendre des dirigeables, notamment à certains pays, soit de facturer des missions à la journée. « A terme, nous visons un marché que l’on estime entre 700 et 800 appareils. Pour le moment, notre objectif est calé sur 152 appareils d’ici à 2032, fabriqués dans trois usines, celle de Laruscade (33), puis une autre au Québec et une en Chine. »

L’entreprise entend aussi « participer à la décarbonation du transport. » « L’intérêt du dirigeable est d’utiliser un gaz porteur, l’hélium, qui permet de s’extraire de la pesanteur sans énergie fossile », insiste Michèle Renaud. Et si la première génération de dirigeable sera équipée d’une propulsion hybride (avec du carburant fossile générant de l’électricité pour alimenter des moteurs électriques) « nous travaillons déjà à des solutions avec des piles à hydrogène pour les générations suivantes. »

Financement public et privé

Pour les matériaux, la structure sera en fibre de carbone, et l’enveloppe sera constituée de plusieurs couches pour permettre « une résistance mécanique, une résistance aux UV et un côté déperlant. »

Les financements de ce programme sont à la fois publics et privés. La région Nouvelle-Aquitaine est notamment actionnaire, avec le gouvernement du Québec, tout comme des groupes comme Air Liquide, ou Bouygues construction. Le coût du projet se situe autour de 400 millions d’euros pour développer le premier appareil. « Nous en sommes à la moitié du financement, et nous allons chercher notre troisième levée de fonds d’un montant d’environ 100 millions d’euros. » L’entreprise espère d’ailleurs pêcher d’autres (gros) poissons en passant par Dubaï.

 

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